Sissi, Les portraits, ou l'art de la retouche (dernière partie)
Les portraits, ou l'art de la retouche (dernière partie)
A l'époque des fiançailles impériales en 1853, la retouche photographique n'était pas encore née, mais les portraitistes n'en possédaient pas moins de nombreuses cordes à leur arc pour embellir leurs modèles.
En 1852, la jeune Elisabeth en Bavière avait posé pour Alois Löcherer. La princesse n'y apparait pas à son avantage : sa mine boudeuse semble exprimer tout l'ennui que cette séance de pose lui procure.
A l'époque, pour diffuser une photographie, on a recours à un procédé de gravure nommé lithographie. Löcherer va pleinement l'exploiter, en embellissant son modèle : le visage aminci, les yeux sont plus vifs et surtout, la lippe boudeuse a été transformée en un sourire doux et retenu, comme il sied à une future impératrice. Même la position des mains a été modifiée, et une rose s'est glissée entre les doigts d'Elisabeth.
Le résultat est surprenant, d'autant plus que Löcherer a nimbé la future impératrice d'une sorte de halo. Malgré les efforts de l'artiste, l'Empereur n'apprécia guère ce portrait ; cependant, il ne demanda pas, comme il l'avait fait pour Edouard Kaisier, de modifications et accepta sa diffusion sur tout le territoire de l'Empire.
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